Era Hada

Installation audiovisuelle comprenant deux vidéos, une série de sténopés, une création sonore et la mise en scène d'objets symboliques.

Era Hada est une installation audiovisuelle réalisée lors de ma résidence Chez Jeanne (Gerde – 65) en juillet 2021. Elle a été inspirée par l’archétype de la fée entre les hauteurs de Germs-sur-l’Oussouet et les abords de la Fontaine de Crastes.

L’élément principal de l’installation est une performance filmée. J’ai investi une zone pastorale à cheval entre ma vallée d’origine et celle de la résidence. Imprégnée par les énergies du lieu, j’ai improvisé une cérémonie pour rendre grâce à la montagne, en miroir du vol des vautours fauves. L’image de la fée, era hada en gascon, s’est immédiatement imposée.

Restitution de la résidence, Gerde (65) – 16/10/2021

De retour à Gerde, j’ai exploré d’autres supports pour représenter cet archétype. Aux alentours de la Fontaine de Crastes, j’ai enregistré les sons d’un paysage aquatique dans lequel s’épanouirait une fée des eaux.

J’ai aussi photographié sa silhouette évanescente avec un sténopé, un procédé qui crée des images « impossibles » : le temps de pose d’environ 15 secondes capture l’incarnation à deux endroits à la fois, dans un espace-temps qui n’a jamais existé en réalité. Un phénomène qui correspond tout à fait à la fée insaisissable.

Un sténopé illisible a donné lieu à des expérimentations. Le sujet trop éloigné ouvre à l’interprétation : qu’est-ce que je vois ? La fée, du végétal, un filet d’eau ? Comme dans le Blow-Up d’Antonioni, une succession d’agrandissements déforme l’image jusqu’à l’abstraction. L’imagination remplace la vue pour créer son propre mythe.

C’est tout l’objet de la deuxième vidéo de l’installation, diffusée sur un écran. La lumière d’une lampe-torche projette sur un mur le mirage de la fée, pour la chercher sans jamais tout à fait la trouver. Est-elle réellement présente, ou une fabrication de l’esprit ? Les nombreuses légendes où elle apparaît ne lui ont-elles pas fait prendre corps ? Tout n’est qu’affaire de perception.